Destination de l'édifice
Architecture artisanale commerciale et tertiaire, édifice artisanal commercial ou tertiaire, garage de réparation automobile
Date de construction
1935
Siècle de construction
20e siècle
Auteur(s) de l'édifice
Ravazé Maurice-Jacques (chef du service architecture de la société André-Citroën), Wybo Georges (architecte)
Description
L’ensemble est composé de deux volumes jointifs, l’un dans la perspective du boulevard Louis-Blanc et l’autre en retour sur la rue des Tanneries. Comptant respectivement trois et quatre niveaux, tous deux reposent sur une ossature en béton armé, complétée en façade par des bandeaux horizontaux venant en parement et n’ayant pas de rôle structurel. Les deux volumes présentent un traitement esthétique différencié : le bâtiment principal, boulevard de Fleurus, se caractérise par sa composition monumentale et le traitement arrondi de ses angles. Ses façades sont ponctuées par six colonnes porteuses formant des redents : deux, côté ouest, s'élancent vers le ciel à la manière de cheminées tandis que deux autres, côté sud, sont serties de bandeaux en béton encadrant le nom du garage. Le bâtiment de la rue des Tanneries présente quant à lui des élévations planes scandées par les mêmes baies horizontales, cette fois élevées sur trois étages. Considéré dans sa globalité, l'alliance des parements de béton blanc et des bandes sombres des vitrages et des menuiseries confère au bâtiment une esthétique élégante et épurée, assumant la fonction industrielle du programme tout en évoquant les lignes orthogonales des paquebots et des villas puristes de l'architecture de l'entre-deux-guerres.
Intérêt
Le Central Garage signale le changement de paradigmes se jouant autour de l'architecture industrielle au début du XXe siècle : rationnelle et technique comme le sont les automobiles, elle renonce à tout appareil ornemental pour se focaliser sur la justesse de la construction et la recherche, par le seul usage des lignes droites et des courbes, de proportions élégantes magnifiées par la lumière. Les matériaux de la modernité – le béton, le verre, l'acier – font ainsi irruption dans un environnement urbain auquel ils confèrent une sédimentation intéressante.
Historique
Durant l’entre-deux-guerres, l’essor de l’automobile amène le développement de nouveaux programmes architecturaux liés à l’entretien mécanique des voitures et à la distribution d’essence. Le Central Garage de Limoges, situé sur le boulevard de Fleurus et la rue des Tanneries, dans l’axe du boulevard Louis-Blanc, est reconstruit en 1935 par le garagiste Henri Dussagne qui est également concessionnaire de la marque Citroën. La firme aux chevrons dispose alors de son propre service d’architecture, dirigé par Maurice-Jacques Ravazé, qui est probablement intervenu dans l’étude du Central Garage : l’édifice limougeaud présente une parenté certaine avec les concessions Citroën réalisées au même moment à Lyon ou à Tours.