Village des Sables

Torreilles (66)
Architecture contemporaine remarquable

PRÉSENTATION

Destination de l'édifice Résidence de vacances
Date de construction 1978
Siècle de construction 20e siècle
Auteur(s) de l'édifice Abelanet Maurice (architecte), Dujol Jean (architecte), Bourbon Jacques (architecte), Lacalm Henri (architecte)
Description Les 640 pavillons construits sur la plage de Torreilles sont disposés dans un vaste lotissement dont les circulations sont dessinées selon des axes courbes, certains d'entre eux formant des allées en impasse. Elles sont uniquement piétonnes. Ce dispositif permet, malgré l'organisation relativement régulière, d'éviter la sensation d'alignement. Les villas sont de deux types : 300 villas de type A (villa individuelle de 40 m²) et 340 villas de type B (jumelées de 32 m²). Le principe est toujours le même : la maison est faite d'une petite enceinte circulaire en béton brut nervuré, construite contre une butte de sable artificielle, orientée au nord, pour la protéger de la tramontane et maintenir une certaine fraîcheur. L'enceinte est plus haute au nord et s'abaisse vers le sud du côté de l'entrée. L'habitation est construite en éventail contre le mur nord, libérant au sud une terrasse occupant la moitié de la surface. Comme dans tous les habitats de villégiature, la partie habitable est réduite, pour laisser le maximum d'espace à la vie extérieure. Le plan se déploie dans ce demi-cercle, chaque pièce ouvrant sur la terrasse. Les maisons individuelles ont deux chambres. Les trois pièces humides (w.-c., salle de bains et cuisine), sont placées au centre, la salle de séjour se trouvant à droite et les deux chambres à gauche, ce qui permet de séparer le coin jour du coin nuit. Cela dégage un petit espace central en demi-cercle, qui sert de terrasse couverte, carrelée. Le jardin occupe l'autre moitié du terrain. L'habitation double est disposée dans un cercle plus grand, de part et d'autre du muret de séparation. Ici le jardin occupe plus de la moitié de l'espace disponible, chaque appartement occupant moins d'un quart de l'espace. Contre le mur mitoyen se trouvent la chambre et la salle de bain attenante (w.c. inclus). Viennent ensuite le coin cuisine avec l'espace repas et le séjour. Chaque pièce ouvre sur la terrasse située dans le noyau du cercle. Un abri de jardin ouvert vient compléter la composition, contre le séjour. Le sol des pièces est revêtu de tomettes. Le règlement de copropriété indique que les toitures sont en roseaux (dont l'entretien est à la charge du propriétaire), elles ont aujourd'hui complètement disparu. Les toitures ont été recouvertes soit d'un isolant bitumineux rouge, soit de tuiles canal. Certains toits comportent aussi des panneaux solaires. Pour ces résidences secondaires, le chauffage n'avait pas été prévu. Des transformations ont été opérées sur le lotissement. L'entretien de la butte de sable est rendu obligatoire par le règlement de copropriété (interdiction de les modifier ou de les supprimer, ce qui semble avoir été respecté). Les conséquences de ce règlement est la mise en végétation. Depuis quarante ans, celle-ci s'est beaucoup développée, les habitants ayant privilégié une végétation méditerranéenne basse. Cela favorise la solidification de la butte entourant chaque maison et accentue l'invisibilité de l'ensemble. Des pins ou des peupliers ont été plantés, ce qui faisait partie des obligations. Par ailleurs, beaucoup de modifications concernent l'architecture intérieure : fermeture de la terrasse par des loggias, fermeture des abris de jardin ouverts dans les maisons jumelées, constructions supplémentaires, etc... L'installation de climatiseurs, terrasses en dur, portillons, allées devant les maisons, cheminées intérieures, barbecues et même de piscines, s'est fait contre le règlement de copropriété (appentis, barbecues, etc. interdits). Cependant, depuis 2019, tout agrandissement est interdit par le syndic. Par leur forme ronde, les maisons s'apparentent à celles du mouvement de l'architecture expérimentale organique lancé une décennie plus tôt (maisons bulles d'Antti Lovag). Cependant, elles conservent une construction traditionnelle. Dans ce cadre balnéaire, leur forme, ainsi que leur disposition selon des circulations courbes rompt avec l'architecture en hauteur des autres stations balnéaires ou des alignements de petites maisons. Mais elle est aussi particulièrement adaptée à ce genre architectural. Le village des Sables est resté une expérimentation unique dans l'histoire de l'architecture balnéaire.
Historique Le village historique de Torreilles, village de viticulteurs, est situé dans les terres, comme souvent sur le littoral, et tourne le dos à la mer. Avec l'action de la mission Racine, l'appropriation du littoral a commencé, et la plage de Torreilles devait bénéficier de l'aménagement d'une station balnéaire : un village, un port de plaisance, une place centrale et des boutiques. Ce projet est resté inachevé. (projet de Jacques Carlu ? (IFA, projet intitulé Venise-plage). Finalement, seules les habitations ont été construites ; il s'agit du village des Sables, 640 pavillons conçus pour le promoteur Guy Merlin par l'agence ADBL (Maurice Abelanet, Jean Dujol, Jacques Bourbon, Henri Lacalm) sur un terrain de 33 ha. Le permis de construire a été accordé le 27 novembre 1974 et reconduit le 21 janvier 1976, avec deux modificatifs en 1977. A côté s'est installé le camping des Dunes. En 1974, l'équipe faisait paraître dans le n°17 d'Architecture dans le Golfe du Lion et le Comtat un long article sur un ""village de vacances"", projet théorique dont le principe est une série de modules cubiques en résine polyester et intérieur isolant en mousse de polyuréthane, adaptables et qui permettraient toute une série de combinaisons et de formes, y compris l'empilement. La solution que les architectes mettent en place la même année pour le village des Sables est différente techniquement. La construction de maisons-bulles à la fin des années 1960 a peut-être influencé la forme des villas, même si le principe constructif ici est complètement différent. Le village des Sables est aujourd'hui cité comme un exemple d'intégration de bâtiments dans un milieu naturel. Il respectait en effet la circulaire ICANT qui préconisait des constructions non visibles de la mer. Le village des Sables est une copropriété de 640 copropriétaires dont 160 résidents à l'année en 2025.

LABEL

Label Architecture contemporaine remarquable
Date de labellisation de l'édifice 2025

AUTRE

Référence ACR0002038
Source des données Ministère de la Culture
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