Piscines d'Offard

Saumur (49)
Architecture contemporaine remarquable

PRÉSENTATION

Destination de l'édifice Édifice et aménagement de culture recherche sport ou loisir, édifice sportif, piscine
Date de construction 1961, 1976
Siècle de construction 3e quart 20e siècle
Auteur(s) de l'édifice Moignet Yves (architecte), Charvier Alain (architecte), Aigrot Jean-Paul (architecte), Charras Franc (architecte)
Description Piscine d'été La piscine de plein air est conçue en intégration avec le paysage, organisée autour d'un axe sud-ouest valorisant le château de Saumur. L'ensemble comprend un bassin olympique (50 x 18 m), un bassin école (25 x 12 m), un plongeoir, une pergola et une pataugeoire. Un bâtiment d'accueil, traité comme un écran opaque, masque les bassins depuis la rue de Verden. Le coeur du projet est un vestiaire hexagonal, avec des déshabilloirs symétriques surmontés de toits surélevés et de bandeaux vitrés assurant un éclairage naturel. Ces volumes résonnent avec la géométrie du vestiaire central, dont la forme n'est pas perceptible depuis l'extérieur. L'architecture joue sur la dilatation et la compression des espaces : les déshabilloirs, hauts et lumineux, contrastent avec les douches plus basses et tamisées, éclairées par des claustras en béton préfabriqués ornés de motifs de poissons. Un couloir latéral dessert les bassins extérieurs, offrant une ouverture panoramique sur le Val de Loire. L'ensemble est réalisé en béton armé avec un sol en mosaïque. Le volume bas des vestiaires s'intègre à la topographie plate du site, tandis que le plongeoir, en béton modelé, adopte une forme parabolique cadrant la silhouette du château depuis la plage nord du grand bassin. Piscine d'hiver Dans le cadre du concours national de 1969 pour des piscines couvertes économiques, la ville de Saumur adopte le modèle "Caneton" pour son bassin d'hiver, complétant ainsi l'utilisation du complexe toute l'année. Ce modèle s'inscrit dans la composition existante et repose sur un plan orthogonal organisé en deux volumes : le bassin (25 x 10 m, profondeur de 0,70 à 2 m) et les vestiaires, réalisés ultérieurement à l'ouest. Implantée sur un terrain libéré par la démolition d'anciennes bâtisses, la piscine d'hiver est orientée plein sud, bénéficiant d'un ensoleillement maximal et d'une vue sur le château. Six gradins en prolongent les abords, servant de solarium et reliant les plages existantes. Initialement, la façade était équipée de panneaux-portes pivotants en polyester armé, servant de coupe-vent lorsqu'ils étaient ouverts. La toiture comprend cinq panneaux translucides coulissants de 40 m² chacun, permettant une grande ouverture sur l'extérieur. L'organisation interne distingue clairement zones humides et sèches, répondant à des impératifs fonctionnels et hygiéniques. Conçu pour une construction rapide et économique, le modèle "Caneton" suit une logique de préfabrication : 80 % des éléments sont assemblés à sec et la structure est montée en quatre mois. Le bassin est en béton armé préfabriqué, tandis que la superstructure repose sur des portiques en bois lamellé-collé et des panneaux sandwich. L'entraxe régulier des structures (2,40 m pour l'accueil et les vestiaires, 4,50 m pour la halle bassin) rappelle la rationalisation de l'architecture japonaise, favorisant éclairage naturel et flexibilité de l'usage.
Intérêt Le label Architecture contemporaine remarquable a été attribué sur la base des critères suivants : • Innovation : La piscine Caneton compte parmi les premières piscines largement industrialisées. • Exemplarité : La piscine Caneton est une construction représentative de l’opération nationale « Mille piscines » (parmi les derniers exemplaires conservés des 196 piscines Caneton). • Appartenance à un ensemble ou à une œuvre : La piscine d’été d’Offard est l’œuvre de l’architecte Yves Eugène Moignet, né le 19 mai 1920 à Saint-Brieuc et mort le 18 juillet 2007 à Angers. Il est l’auteur de plusieurs équipements publics en Pays de la Loire tels que le lycée Edgard Pisani à Montreuil-Bellay (49) en 1967, le lycée Douanier-Rousseau à Laval (53) en 1972 ou l’office du tourisme du Maine-et-Loire à Angers (49) en 1980. La maison-clairière qu’il fait construire en 1960 dans la continuité de ses bureaux au 19 boulevard du Roi-René à Angers (49) est inscrite au titre des Monuments historiques par arrêté du 29 juin 2004. Par ailleurs, les piscines font partie du pôle sportif de l’île d’Offard à Saumur (avec le stade d’athlétisme) qui se distingue par son cadre privilégié en bordure de la Loire, face au château.
Historique Traversée par la Loire et le Thouet, dont les courants sont peu propices à la baignade, la ville de Saumur ne dispose d’aucune installation permettant la pratique de la natation durant la première moitié du XXe siècle. Conformément à la politique éducative et sportive du gouvernement de Vichy, la municipalité prévoit la construction d’une « piscine couverte utilisable été et hiver » dès 1941. Une première étude est confiée à l’architecte Prevost. Plusieurs emplacements sont envisagés pour le nouvelle équipement dont « La Boire Quentin » et le « Clos Coutard », mais le projet sera finalement abandonné. En août 1951, le Conseil municipal désigne l’architecte Yves Moignet pour la construction d’une piscine de plein air en bordure de la Loire sur l’Ile d’Offard, à proximité du premier stade et du camping municipal. Situé à un kilomètre du centre-ville, le terrain est facilement accessible et bénéficie d’une vue remarquable sur le côteau de Saumur et son château. Dès l’avant-projet, l’opération est conçue en plusieurs tranches. La première tranche, réalisée entre 160 et 1961, concerne les vestiaires, le grand bassin et le bassin école aménagés sur un talus destiné à protéger les installations des risques de crues de la Loire. Le projet complet prévoit la construction de gradins et d’un bar – buvette au nord du grand bassin ; d’une pergola, d’une pataugeoire et de terrains de sports (tennis et basketball) au sud. Après de longues études, le chantier commence le 1er août 1960 et la piscine est inaugurée le 30 juin 1961. L’équipement est complété en 1976 par un bassin d’hiver correspondant au modèle-type « Caneton » lauréat du concours lancé en 1969 par le Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports pour la création de piscines couvertes économiques. Le solarium en gradins et un bar – buvette projetés dès 1961 sont également aménagés afin d’articuler les deux piscines. Les archives de l’Agglomération Saumur Val de Loire mentionnent un premier projet de rénovation de la piscine d’hiver en 1995, puis un second entre 2006 et 2007. La piscine d’été est fermée depuis 2012 pour des raisons de sécurité sanitaire et écologique.

LABEL

Label Architecture contemporaine remarquable
Date de labellisation de l'édifice 2025

AUTRE

Référence ACR0002049
Source des données Ministère de la Culture
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